Le fonds en fiducie

« Lorsque George Arbuckle était Président de l’Académie, au début des années soixante, les sculpteurs Frances Loring et Florence Wyle avaient décidé de léguer leur atelier à l’Académie. Elles auraient aimé que celui-ci serve de lieu de rencontre pour les artistes, mais, en âmes généreuses, elles se doutaient bien que cela ne serait peut-être pas possible. Elles décidèrent donc de laisser à l’Académie le soin de décider ce qu’elle en ferait. Cependant, elles exprimèrent le souhait qu’en cas de vente, les profits soient utilisés « pour développer et encourager la sculpture canadienne, ainsi que les études en sculpture. »

Loring et Wyle moururent en 1968, et l’Académie hérita de leur atelier. Malheureusement, ce moment n’était pas favorable et comme l’édifice qui l’abritait était en très mauvais état, l’Académie ne put effectuer les rénovations nécessaires pour pouvoir le garder, comme les sculpteurs l’auraient voulu.  Il fut finalement vendu à bon prix en 1972, et plus tard la même année, l’Académie reçut un petit legs qui provenait de la succession de Hugh Allward, attribué au nom de ce dernier et de celui de son célèbre père. L’Académie se retrouvait donc avec une somme très élevée à sa disposition, grâce à la vente de l’immeuble et au legs d’Hugh Allward.

Bien que légalement, l’Académie fût libre d’utiliser cette somme comme elle l’entendait, et qu’à ce moment précis ses membres auraient très bien pu la considérer comme un moyen tout à fait justifié de se sortir de leur situation difficile, ils se trouvaient dans l’obligation morale de respecter l’esprit dans lequel celle-ci leur avait été donnée. Ils décidèrent donc de créer un Fonds distinct qui ne pourrait pas être exploité à des fins administratives. Grâce aux précieux conseils de Cleeve Horne, un membre de l’Académie, une petite partie de cette somme fut utilisée pour régler des dettes, et le reste fut placé pour pouvoir utiliser chaque année ses intérêts afin de promouvoir l’art canadien. Dès que ceux-ci commencèrent à s’accumuler sur une base régulière, l’Académie s’en servit immédiatement pour offrir des bourses aux étudiants en sculpture de l’Ontario College of Art qui étudiaient hors campus à Florence, en Italie, pour organiser un concours de sculpture et pour octroyer des subventions aux galeries publiques qui ouvraient leurs portes à travers le Canada afin de les aider à acheter des œuvres d’art pour constituer leur collection permanente. Exactement le genre de programme permanent et régulier que l’Académie, qui auparavant ne pouvait offrir des bourses que de manière intermittente, avait toujours rêvé de pouvoir mettre en place. »

Royal Canadian Academy of Arts