—Peter Krausz : (Non) terre d’homme

—Peter Krausz : (Non) terre d’homme

$55.00

Auto-publié par Peter Krausz, 2010. des textes français et anglais de Horia Avram, Florence Chantoury-Lacombe et Peter Krausz; 19 × boîte en carton imprimée de 20,3 cm (7,5 × 8 pouces) avec des rabats contenant deux catalogues de 16 pages brodés en selle et deux brochures pliées à l’accordéon, décalées. Conception de François Turcotte.

« Avec les deux séries L’Île d’Aphrodite et Nekri Zoni, Peter Krausz nous offre un récit du développement d’un point de vue : celui du photographe qui se rend sur l’île de Chypre pour cartographier le paysage depuis le sol, et celui des images aériennes du même site générées par Google Earth. Le no man’s land, le corridor de terre en jachère où le détail de la nature n’a aucun emprise, est difficile à cerner dans le paysage figuratif. Grâce au niveau du détail offert par la peinture pure, l’artiste trouve une position qui détourne la représentation de son intention.

La représentation de la végétation luxuriante d’une terre paisible et fertile est subvertie par l’illustration du paysage peint de la condition politique de cet endroit. La double nature du concept de détail, telle que décrite par Daniel Arasse, prend une expression inattendue dans l’œuvre de Peter Krausz. Dans les paysages figuratifs de L’Île d’Aphrodite se reconnaît l’image claire, parfaitement mimétique jusqu’au dernier détail, d’un objet. Chez Nekri Zoni , on peut voir une manipulation du médium pictural aussi opaque à la représentation qu’éblouissante dans sa présence. La première nature du détail iconique — et la seconde — picturale — montre la manipulation de la peinture. Cependant, cette nouvelle approche visuelle est engendrée par une calamité picturale profondément paradoxale. Le détail concernant la zone frontalière, tel que visible dans les panneaux Nekri Zoni dont la composition était basée sur les vues aériennes de Chypre, devient évident par la distance de l’œil par rapport au lieu observé. Pour mieux montrer les détails, le peintre prend une vue lointaine; En revanche, pour mieux apprécier les détails des tableaux, le spectateur curieux s’approche de près. De cette façon, regarder les peintures de près ne brise pas ce qui est visible, et le caractère abstrait des panneaux ne déplace pas le paysage de sa position.

Par son attention portée à la transformation politique du paysage, la série de paysages de Peter Krausz nous emmène dans un voyage où le point de vue règne en maître. Contrairement aux frères Lorenzetti, qui idéalisaient le paysage par la peinture pour glorifier la paix siennoise, Peter Krausz place deux systèmes picturaux face à face pour montrer l’œuvre d’une idéologie sur une terre légendaire, l’île d’Aphrodite. Simplement regarder ne suffit peut-être pas à saisir un fait; l’acte de montrer peut orienter notre point de vue dans la direction de ce qui devrait être vu. »

> Florence Chantoury-Lacombe, auteure invitée

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